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  • Photo du rédacteurAnouchka

RENOUER AVEC SON ENFANT INTERIEUR



Le psychologue Eric Berne a fait de la notion d’ « enfant intérieur » le pivot de l’analyse transactionnelle. Il postule trois états dans sa Théorie du monde intérieur :

  • L’état Parent : délimite les règles

  • L’état Adulte : réfléchit, prend des décisions

  • L’état Enfant : du registre des sensations

Cette théorie nous amène à réfléchir sur les conséquences de cette coupure avec un de ces trois états - cela nous conduirait à nous amputer soit de notre libre arbitre, soit de nos émotions, de nos sensations ou encore de vivre dans l’anarchie.

John Bradshaw remet en cause l’Etat Enfant, jugeant son rôle trop limitatif - il cantonne notre enfant intérieur à un stade donné, occultant les étapes du développement. Pour ce psychologue, c’est justement au cours du développement que nous créons des barrières entre nous et notre enfant intérieur. Cette zone de faille serait précisément la résultante de notre mal être.

Ce postulat permet de comprendre là encore la nécessité de rester étroitement connecté à notre « enfant intérieur » si nous voulons poursuivre notre développement.

Carl Gustav Jung va plus loin en postulant le concept d’ « Individuation » qu’il définit comme l’épanouissement psychique de l’individu. Utilisant une analogie, Jung définit comme « tout à fait inconscient » , « ce qui est au-dessous de la surface de la terre ». Par ailleurs, il distingue :

  • « Inconscient personnel » : correspond « au rez de chaussée »

  • « Inconscient collectif » : correspond à « la cave » . Il est composé d’ « archétypes » qu’il définit comme étant des « entités psychiques au delà de la conscience ». Elles sont par ailleurs extrinsèques à nous-mêmes puisque elles sont un « héritage collectif ».

Le concept d’ « Individuation » est ce mouvement qui nous entraîne vers la complétude de nous-mêmes en partie à l’aide des ressources de transformation de cet « enfant intérieur » qui palpite en nous.

En s’emparant de cette constatation faîtes au sujet « des primitifs », à savoir qu' intérieur et extérieur sont une seule et même entité, Jung livre une critique de la pensée occidentale dans une Thèse publiée en 1929 dans l’ouvrage Geheimnis der Goldenen Blüte dans laquelle il avance l’idée que notre raison est un frein à notre aptitude à capter les « données intérieures ».

Pour tenter de renouer avec votre moi profond, avec votre enfant intérieur délaissé depuis longtemps, trop longtemps, si bien que votre développement psychique est resté cristallisé, endormi dans l’attente d’une main tendue pour poursuivre son envolée dans la sphère du développement , je vous invite à pratiquer un exercice d’écriture. Imaginez que vous écrivez une lettre adressée à vous -même qui commencerez par : Cher Moi, …. Qu’auriez-vous envie de lui dire à « ce Moi »? Peut-être pourriez-vous par exemple lui demander pardon de l’avoir relégué au rang des oubliettes, lui demander comment il va, lui dire combien il vous a manqué, ce qu’il représente pour vous et quels sont ses besoins profonds, ses envies….

Et si vous vous demandez comment vous interroger, vous occuper de vous, vous remettre en question pour aller plus loin, songez à cette injonction éthique et épistémologique empruntée par Socrate au frontispice du Temple de Delphes : « Connais toi toi même ». Pour Socrate, il est question de réminiscence, c’est à dire de se souvenir d’un savoir enfoui - cela permettra d’atteindre la sagesse car dans la philosophie socratique, le savoir est immanent à l'homme et non extérieur.

Bibliographie

Serina, F. (2013). La structure de l’âme de C.G.Jung ( Genève, juin 1928). Revue de Psychologie analytique, 1(1), 177-196.


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