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  • Photo du rédacteurAnouchka

Les bienfaits de la bibliothérapie éclairés par la science


Avant de parler des bienfaits de la bibliothérapie, je vous propose de faire un petit point sur l’intérêt porté par les français à la lecture grâce à une étude IPSOS récente.

En 2019, 88% des français se considèrent spontanément comme « lecteurs de livres » ( 4 points VS 2017)*. A l’image de 2015 et 2017, la dynamique de lecture est globalement en baisse : 35% des français déclarent lire de moins en moins de livres VS 20% de plus en plus. Causes invoquées:

  • Manque de temps : 72%

  • Pratique d’autres loisirs : 63%

Il est à noter que la lecture reste la deuxième activité privilégiée des français juste derrière les sorties entre amis.


Les bienfaits de la lecture sont nombreux :


A - La lecture permet de réduire le niveau de stress

En 2009, une recherche menée à l’Université de Sussex et reportée dans le Journal The Telegraph montre qu’en comparaison avec l’écoute de la musique ou bien boire une tasse de thé ou faire une promenade, la lecture est un excellant ralentisseur de stress. Des mesures permettant d’évaluer les battements du coeur et la tension des muscles montrent que 6 minutes seulement sont nécessaires à se détendre après avoir commencé à tourner les pages d’un livre et cela de manière significative puisque le stress est réduit de 68%. Lorsque nous sommes stressés, c’est notre système nerveux sympathique qui contrôle notre corps. Nous sommes alors dans un état d’hyper-vigilance, d’alerte à toute menace ou danger potentiel. La lecture nous permet en réduisant notre niveau de stress de laisser notre système parasympathique prendre le relais et nous conduire vers le sommeil.

Si vous instaurez une routine le soir en lisant quelques minutes, avec une lumière douce, cela enverra des signaux potentiels à votre cerveau que l’heure de dormir a sonné.


B - Utilité des compétences pour naviguer dans les univers de fictions dans la vie réelle

Une recherche de David Comer Kid et de Emanuel Castano, psychologues, montre que les compétences que nous utilisons en naviguant dans les univers de fictions nous sont utiles dans la vie réelle. Cela améliorerait notre « théorie de l’esprit » encore appelée « mentalisation » - une récente méta-analyse étudiant la théorie de l’esprit identifie le gyrus angulaire gauche comme probablement la 3 ème région à être activée si la tâche de lecture est basée sur la compréhension - c’est à dire, améliorerait notre aptitude à pressentir les états mentaux des autres. Cette capacité serait en lien avec la reconnaissance et le partage des ressentis des autres, à savoir, l’empathie.

En outre, une autre étude a montré que les lecteurs de fiction deviennent plus emphatiques parce que la fiction est une stimulation des expériences sociales dans lesquelles les lecteurs expérimentent et renforcent leurs compétences interpersonnelles.

De plus, à travers ces lectures, nous pouvons nous identifier aux personnages de fiction ce qui nous conduit à « universaliser nos maux », à rompre le cercle vicieux de la solitude face à la souffrance. Il en résulte que cette compréhension de nos maux nous amène à booster notre confiance en soi.


C- La bibliothérapie au secours de la mémoire

La lecture permet de « vitaminer » votre cerveau et cela sans aucune prise de médicaments. Un article paru dans la revue Neurology en Juillet 2013 relate la mise en évidence par les scientifiques qu’une pratique régulière de la lecture, considérée comme une activité cognitive permet de retarder de 32% le déclin cognitif moyen. Il a été constaté par conséquent un déclin cognitif tardif plus lent et cela indépendamment des conditions neuropathologiques communes. Il est possible grâce à cette pratique fréquente de lecture de conserver une meilleure mémoire plus longtemps.


D - Effets positifs de la bibliothérapie sur les syndromes dépressifs

Le Professeur Christopher Williams de l’Université de Glasgow a dirigé une étude montrant des résultats très encourageants sur un plan clinique. Il s’agit d’une réduction significative du niveau de dépression sur des malades ayant suivi un accompagnement par un bibliothérapeute en comparaison de malades ayant bénéficié uniquement d’une thérapie classique : à savoir la prise d’antidépresseurs. Ces séances guidées par un bibliothérapeute sont pour le Professeur Williams « la clé de l’engagement », c’est ce qu’il déclare dans un article de la BBC News paru le 19 janvier 2013 ( vous pouvez retrouver cette source sur le lien :

https://www.bbc.com/news/health-21083458 ) . En outre, il a été noté une réduction du temps de thérapie classique lorsqu’elle est jumelée à une pratique de la bibliothérapie encadrée.


E- La lecture = aide efficace de lutte contre certaines maladies neuro-dégénératives

Des recherches publiées dans le Journal Proceedings of National Academy of Science en 2001 identifient une association entre des activités comme la lecture ou faire des puzzles qui serait corrélée au fait que sujets seraient moins à même de contracter une maladie d’Alzheimer.

La lecture diminuerait de 2,5 % le risque de contracter une maladie d’Alzheimer ou une démence.

Toutefois, il est à préciser qu’il ne s’agit pas d’une relation de cause à effet.


En conclusion, la bibliothérapie est une discipline connue depuis longtemps mais dont les bienfaits ont été parfois négligés. Pourtant, de nombreuses études scientifiques menées dans les pays anglo-saxons apportent dores et déjà des résultats reconnus sur un plan clinique. Il est à souhaiter que la science se lance dans de nouvelles investigations et poursuive son étude pour appuyer les bienfaits de la bibliothérapie.


  • VS = versus


Bibliographie


  • Bal, P M., Veltkamp, M. (2013). How does Fiction Reading Influence Empathy? An experimental Investigation on the Role of Emotional Transportation. Plos One, 8(1).

  • Friedland, R P., Fritsch T., Smyth, K A., Koss, E., Lerner, A J., Chen, H C., Petot, G J., Debanne S M. (2001). Patients with Alzheimer’s disease have reduced activities in midlife compared with healthy control-group members. Proceedings of the National Academy of Sciences, 98(6).

  • Servick, K. (2013). « Mind-Reading » skills boosted by Reading Literature, Study Suggests. Science Now. Paru dans Huffpost ( 13 janvier 2013).

  • Williams, C., Wilson, P., Morrison, J., MacMahon, A,. Andrew, W. & al. (2013). Guided Self-Help cognitive Behavioral Therapy of Depression Primary Care : A Randomised Controlled Trial. Plos One, 8(1).

  • Wilson, R S., Boyle, P A., Yu, L., Barnes, L L., Schneider, J A., Bennett, D A. (2013). Life-span cognitive activity, neuropathology burden and cognitive aging. Neurology, 81(4), 314-321.

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